{"id":350,"date":"2023-03-16T15:29:51","date_gmt":"2023-03-16T14:29:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bkcooperation.be\/BKC\/?p=350"},"modified":"2023-03-16T15:30:45","modified_gmt":"2023-03-16T14:30:45","slug":"journal-de-bord-de-sophie-voyage-de-decouverte-2013","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.bkcooperation.be\/BKC\/index.php\/2023\/03\/16\/journal-de-bord-de-sophie-voyage-de-decouverte-2013\/","title":{"rendered":"Journal de bord de Sophie \u2013 Voyage de d\u00e9couverte 2013"},"content":{"rendered":"<p><strong>Sa. 21\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est parti ! L\u2019avion vient de d\u00e9coller. Tout le monde est de bonne humeur. Nos places sont s\u00e9par\u00e9es mais l\u2019ambiance reste enthousiaste.<\/p>\n<p>Escale \u00e0 CASABLANCA. Quatre heures d\u2019attente\u2026 C\u2019est un peu long mais \u00e7a permet de faire un peu plus connaissance. Et puis, on sait comment s\u2019amuser quand il n\u2019y a rien \u00e0 faire : il y a des scouts parmi nous.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me avion. On est plus \u00e0 l\u2019\u00e9troit. Pour dormir (pour ceux qui y arriveront) ce ne sera pas tr\u00e8s confortable. Il y a autant de noirs que de blancs. On commence \u00e0 sentir qu\u2019on change de continent. \u00c0 l\u2019atterrissage, c\u2019est frappant de voir comme il fait noir \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. En quittant Casablanca, on admirait toutes les lumi\u00e8res de la ville et des routes. Par contre, c\u2019est seulement en arrivant au centre de OUAGADOUGOU qu\u2019on peut voir de la lumi\u00e8re \u00e9lectrique. Il fait d\u00e9j\u00e0 20\u00b0C dehors et il est \u00e0 peine une heure du matin, heure locale.<\/p>\n<p>Avant de sortir de la zone \u00ab neutre \u00bb de l\u2019a\u00e9roport, on a pris nos empreintes digitales \u00e0 la douane. Nos bagages sont tous arriv\u00e9s, mais pas tous en bon \u00e9tat. Heureusement que la plupart d\u2019entre nous avaient emball\u00e9 leurs sacs dans du scotch ou de la corde.<\/p>\n<p>Michel et Jean-Baptiste (J-B pour les intimes) nous attendent avec un magnifique bus TEC qui va nous conduire jusqu\u2019\u00e0 KOUDOUGOU. On boit pour la premi\u00e8re fois de l\u2019eau en sachet. Attention de ne pas s\u2019en mettre partout !<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e au centre Abb\u00e9 Pierre vers 4h00. On d\u00e9charge le bus et dodo.<\/p>\n<p><strong>Di. 22\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>Dur r\u00e9veil\u2026 La nuit \u00e9tait courte et en plus, tous les coqs des environs ont improvis\u00e9 un concert quand on s\u2019est couch\u00e9s. Bienvenue ! Le petit d\u00e9jeuner se prend \u00e0 cinquante m\u00e8tres du centre, au maquis (petit restaurant) des Trois Manguiers. Omelette et confitures d\u2019ici : ananas, mangue, banane, etc. Avant de partir voir nos correspondants, il faut trier et ranger tout le mat\u00e9riel que nous avons apport\u00e9. Le rythme est plus tranquille ici. On marche lentement, sans se presser.<\/p>\n<p>Repas de midi au maquis de la Plage. Dr\u00f4le de nom mais il y a une rivi\u00e8re qui coule juste derri\u00e8re donc on peut comprendre l\u2019allusion. Brochettes de b\u0153uf et \u00ab sucreries \u00bb (ce sont des sodas, comme chez nous mais deux ou trois fois plus sucr\u00e9s et ils n\u2019ont que des bouteilles de 50cl). Nous avons rencontr\u00e9 Agn\u00e8s, la femme de Michel, et le \u00ab petit Beno\u00eet \u00bb, leur fils de quatre mois. Il fait d\u00e9j\u00e0 30\u00b0C.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s-midi et soir\u00e9e avec nos correspondants. Ils nous ont fait visiter la ville par groupes de quatre \u00e0 six. La circulation ici est assez vive. Il y a une route principale qui a toujours priorit\u00e9 et ceux qui veulent traverser n\u2019ont qu\u2019\u00e0 attendre qu\u2019il y ait moins de trafic. Le march\u00e9 est immense et surprenant. Il y a le coin des \u00e9pices, celui des v\u00eatements, l\u2019abattoir, etc. On circule par des petites ruelles, sous des vo\u00fbtes en pierre ou des tonnelles. Tout le monde s\u2019est rejoint au lyc\u00e9e Placide Yam\u00e9ogo et nous avons \u00e9t\u00e9 au TP, le th\u00e9\u00e2tre populaire. Chacun y a montr\u00e9 ses talents de danseur (certains plus que d\u2019autres ;)). Nous avons essay\u00e9 d\u2019apprendre la \u00ab macarena \u00bb aux correspondants. Au maquis de la Petite For\u00eat, nous avons jou\u00e9 \u00e0 uno! Et on a essay\u00e9 d\u2019apprendre \u00e0 compter en mor\u00e9. Ils veulent nous apprendre toutes leurs formules de politesse et tout un tas d\u2019autres mots mais c\u2019est assez difficile. Nous leur avons appris quelques mots de n\u00e9erlandais. Nous go\u00fbtons \u00e0 notre premier repas typique : riz gras. C\u2019est tr\u00e8s bon.<\/p>\n<p>Finalement, malgr\u00e9 nos appr\u00e9hensions au d\u00e9part, la journ\u00e9e s\u2019est tr\u00e8s bien pass\u00e9e. Les correspondants sont tr\u00e8s sympas et nous avons pu avoir de bons \u00e9changes, m\u00eame si parfois on sent qu\u2019on n\u2019a pas la m\u00eame culture.<\/p>\n<p><strong>Lu. 23\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, premiers ateliers. Couture, coiffure, maquis, m\u00e9canique, dispensaire. On essaye d\u2019aider comme on peut. En couture, on peut tresser du fil, d\u00e9couper du tissu, arracher les restes de tissu ind\u00e9sirables, et m\u00eame coudre des boutons. En coiffure, on apprend \u00e0 tresser comme les Africaines. Au maquis, il faut suivre \u00e0 la lettre les instructions des cuisini\u00e8res pour faire du t\u00f4, des sauces, etc. En m\u00e9canique, on d\u00e9couvre comment monter un v\u00e9lo, surtout ses rayons. Au dispensaire, si on le voulait, on pourrait tout faire (m\u00eame des TV) mais il vaut mieux se contenter de prendre la tension ou la temp\u00e9rature. Par contre on peut tout voir\u2026 Les Burkinab\u00e9s trouvent \u00e7a assez \u00e9trange de voir des blancs travailler comme eux.<\/p>\n<p>On a un peu de temps libre avant d\u2019aller manger. Sieste, d\u00e9tente, march\u00e9, v\u00e9lo, comme on veut. Quand on passe dans la rue, les enfants viennent nous serrer la main. Ils nous appellent \u00ab nasaara \u00bb ou \u00ab les blancs \u00bb. Certaines se sont perdues quelque part en brousse mais \u00ab y a pas de problem, y a pas de l\u00e9zard \u00bb, on les a retrouv\u00e9es saines et sauves. Petit conseil : ne suivez pas les raccourcis conseill\u00e9s par un vieil homme \u00e9trange. Au menu aujourd\u2019hui : p\u00e2tes, avec si on veut, de la sauce au poisson (ils en mettent dans tous leurs plats mais ce n\u2019est pas du poisson comme chez nous. Il est plus sec et ils gardent les arr\u00eates, la t\u00eate, etc.).<\/p>\n<p>Ce soir, danse traditionnelle et djemb\u00e9 (ils disent tam-tam). Le \u00ab prof \u00bb de danse est vraiment super. On passe de danse \u00e0 tam-tam quand on veut. C\u2019est bien de pouvoir apprendre les deux. Apr\u00e8s le cours, le danseur du groupe nous a fait une d\u00e9monstration. C\u2019est \u00e0 ce moment qu\u2019on a compris qu\u2019on n\u2019avait pas vraiment dans\u00e9. C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s impressionnant.<\/p>\n<p>Quand on rentre au centre, il fait noir depuis longtemps (le soleil se couche vers 18h00 et se l\u00e8ve vers 6h00). On voit bien les \u00e9toiles. C\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame ciel que chez nous mais les constellations ne sont pas dans le m\u00eame sens qu\u2019en Belgique.<\/p>\n<p><strong>Ma. 24\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est No\u00ebl !<\/p>\n<p>Pour bien profiter de la journ\u00e9e, on se l\u00e8ve \u00e0 6h30. On \u00e9tait sens\u00e9s partir t\u00f4t pour aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole de SANDIE mais une des voitures est tomb\u00e9e en panne. Quand elle est enfin arriv\u00e9e, nous avons pu monter \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du \u00ab pick-up \u00bb. Youhouuuuu! Vive le vent et la poussi\u00e8re dans la figure.<\/p>\n<p>\u00c0 notre arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole, les enfants se sont mis \u00e0 chanter. Ils sont environ 80 et c\u2019est une seule classe, de cinqui\u00e8me primaire, form\u00e9e d\u2019enfants de tout \u00e2ge. Une des \u00e9l\u00e8ves, qui animait les chants, devait avoir 16 ans. Apr\u00e8s quelques \u00e9changes de chants, nous avons commenc\u00e9 les activit\u00e9s. Sports pour les uns et bricolages pour les autres. C\u2019est dingue comme ils ont de l\u2019\u00e9nergie. Aux bricolages, ils s\u2019arrachaient les crayons. C\u2019est tellement banal pour nous et tellement pr\u00e9cieux pour eux, un crayon. Les rencontres se sont faites de mani\u00e8re tr\u00e8s spontan\u00e9e. Si on pensait que tout serait bien organis\u00e9, on s\u2019est vite rendu compte que c\u2019\u00e9tait impossible de conserver le calme. Pourtant, ce n\u2019\u00e9tait pas une mauvaise chose. Ils sont naturels et enthousiastes. Les enfants \u00e9coutent tr\u00e8s bien quand on leur explique quelque chose (surtout si c\u2019est le directeur qui parle) mais les jeux qu\u2019on avait organis\u00e9s ne se sont pas d\u00e9roul\u00e9s comme pr\u00e9vu. On se rend compte que ce que nous estimons facile chez nous (faire des pliages par exemple) ne l\u2019est pas sp\u00e9cialement pour eux. Ils n\u2019ont pas la m\u00eame approche que nous des activit\u00e9s que nous leur avons propos\u00e9es. Il y avait quelques enfants qui souffraient de malnutrition. Ils avaient le ventre rempli d\u2019air. Leurs v\u00eatements \u00e9taient parfois us\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la corde. Les clich\u00e9s des enfants pauvres mais super souriants se confirment ici. Avant de partir, photo de groupe et chant d\u2019adieu \u00ab Je dis au-revoir (ou merci), je dis au-revoir, je dis au-revoir \u00e0 mes amis \u00bb. Quand la voiture a d\u00e9marr\u00e9, plusieurs enfants ont couru derri\u00e8re nous. C\u2019est pass\u00e9 beaucoup trop vite.<\/p>\n<p>On arrive \u00e0 NIDIALPOUN en d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi. Des enfants du village nous ont accueillis avec une danse traditionnelle (qu\u2019il a fallu suivre et imiter pour certains). Nous avons bu de l\u2019eau dans un grand bol, en signe d\u2019amiti\u00e9. Discours des uns et des autres, puis on nous r\u00e9partit par famille.<\/p>\n<p>Chaque groupe a fait la connaissance de sa famille d\u2019accueil. Le p\u00e8re de chaque famille est un personnage tr\u00e8s important. Ils ne parlent pas tous fran\u00e7ais ici, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas tous \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9s. Cet apr\u00e8s-midi, on essaye d\u2019aider comme on peut. On arrose le jardin. Les puits sont assez profonds (jusqu\u2019\u00e0 9 m\u00e8tres pour certains) et il faut puiser l\u2019eau avec des seaux. Admiration totale face aux bras muscl\u00e9s des Burkinab\u00e9s qui, en trois mouvements, remontent le seau rempli \u00e0 ras bord. Nous avons contribu\u00e9 de fa\u00e7on plus modeste. Le soir, certains on eut la chance d\u2019aller \u00e0 la messe de No\u00ebl. Pour les autres, pr\u00e9paration du t\u00f4 sur feu de bois et d\u00eener. C\u2019est une p\u00e2te tr\u00e8s \u00e9trange, avec peu de go\u00fbt et d\u2019une texture difficile \u00e0 avaler. Ensuite, direction la \u00ab chambre \u00e0 coucher \u00bb. La plupart des familles nous ont laiss\u00e9s une pi\u00e8ce enti\u00e8re. Pas de meubles, ici. Juste quatre murs de terre battue et une natte pour s\u2019\u00e9tendre. Le toit est en taule ondul\u00e9e. Ils \u00e9crivent sur les murs comme sur un tableau. Comme garde-robe, une valise pleine de v\u00eatements. Et nous qui conservons des bricolages et des jouets de notre petite enfance\u2026<\/p>\n<p>Comme diraient les Burkinab\u00e9s : BONNE ANNEE !<\/p>\n<p><strong>Me. 25\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>Ce matin, visite du village. Nous avons pu admirer le baobab de N\u00e9dialpoun. C\u2019est assez impressionnant. La rivi\u00e8re qui passe dans le village est boueuse mais elle permet d\u2019alimenter les puits. De plus, le village a la chance de poss\u00e9der un barrage, construit par d\u2019autres associations comme DBA. Certains ont vu des crocodiles. Nos h\u00f4tes sont trop pr\u00e9venants avec nous. Ils ont \u00e9t\u00e9 nous chercher du pain pour le petit d\u00e9jeuner. Ils ont toujours peur de trop nous fatiguer. Nous avons de longues discussions avec les jeunes qui parlent fran\u00e7ais, \u00e0 propos de politique, d\u2019\u00e9tudes ou de pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n<p>Les activit\u00e9s tricot et fours solaires ont bien fonctionn\u00e9. Les femmes du village ont tr\u00e8s vite appris comment tricoter et elles ont trouv\u00e9 que c\u2019\u00e9tait une bonne id\u00e9e. Au d\u00e9but, certains hommes suivaient aussi la \u00ab le\u00e7on de tricot \u00bb mais quand nous avons dit qu\u2019en Europe c\u2019\u00e9taient surtout les femmes qui tricotaient, ils ont tout de suite abandonn\u00e9 leur travail. Les places des hommes et des femmes sont tr\u00e8s nettement d\u00e9finies ici. Les fours solaires ont par contre beaucoup int\u00e9ress\u00e9 aussi bien les hommes que les femmes.<\/p>\n<p>\u00c0 midi, tout le monde se retrouve pour manger, devinez quoi\u2026 du t\u00f4 ! mmmh ! \u00c7a nous fait vraiment plaisir\u2026 Nous sommes rentr\u00e9s au centre en deux groupes puisqu\u2019on n\u2019avait qu\u2019une seule voiture. \u00c0 l\u2019arriv\u00e9e, temps libre avant de partir manger au fameux \u00ab resto de la plage \u00bb. Les enfants qu\u2019on croise sont tous super bien habill\u00e9s. Les filles ont des belles robes et les gar\u00e7ons sont tir\u00e9s \u00e0 quatre \u00e9pingles. Eh oui ! Malgr\u00e9 le soleil et la chaleur, c\u2019est No\u00ebl les amis !<\/p>\n<p><strong>Je. 26\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, deuxi\u00e8me jour d\u2019ateliers. Ceux qui \u00e9taient en couture, coiffure, maquis ou m\u00e9canique se r\u00e9partissent entre les deux dispensaires et inversement. M\u00eame programme que le premier jour : en coiffure, on natte ou on se fait natter puisqu\u2019il n\u2019y a pas grand monde apr\u00e8s les f\u00eates. En couture, on fait des petits boulots et on sympathise avec les couturiers. Au maquis, on pr\u00e9pare les sauces sous l\u2019\u0153il attentif de la patronne. En m\u00e9canique, ce sont cette fois des filles qui sont venues apprendre \u00e0 monter un v\u00e9lo. \u00c7\u2019a cr\u00e9\u00e9 beaucoup de discussions. Les Burkinab\u00e9s ne sont pas habitu\u00e9s \u00e0 voir les femmes travailler comme les hommes, surtout pas les blanches. Au dispensaire, nous avons d\u00e9barqu\u00e9 le mat\u00e9riel m\u00e9dical apport\u00e9 de la Belgique. Les infirmi\u00e8res et infirmiers (il n\u2019y a qu\u2019un m\u00e9decin) avaient l\u2019air assez satisfait. On \u00e9crit dans un grand registre l\u2019\u00e9tat clinique des femmes enceintes qui viennent se faire ausculter, on p\u00e8se, on prend la temp\u00e9rature ou la tension. L\u2019infirmier en chef veut m\u00eame nous faire \u00e9crire des prescriptions. Certaines femmes enceintes p\u00e8sent moins que nous. Parfois, les patients se font envoyer dans un h\u00f4pital si le dispensaire ne dispose pas de tout le mat\u00e9riel requis pour les soigner. Mais les gens n\u2019ont pas toujours assez d\u2019argent pour se faire soigner correctement. Une femme qui avait une tension trop faible aurait d\u00fb prendre des m\u00e9dicaments mais comme ils \u00e9taient trop chers, l\u2019infirmier lui a juste recommand\u00e9 de changer de r\u00e9gime alimentaire. Un homme \u00e9tait atteint de paludisme. Cela nous semblait tr\u00e8s grave mais il a \u00e0 peine r\u00e9agi quand il l\u2019a appris. Nous n\u2019avons pas la m\u00eame fa\u00e7on d\u2019aborder les maladies ni la m\u00eame fa\u00e7on de nous soigner. L\u2019hygi\u00e8ne et le respect de l\u2019intimit\u00e9 dans un h\u00f4pital sont tr\u00e8s importants pour nous mais ici, les salles de consultations sont ouvertes et le mat\u00e9riel est rudimentaire.<\/p>\n<p>Avant de retourner au centre, nous passons par le march\u00e9. \u00c9pices ou fruits, chacun y trouve son bonheur. C\u2019est aussi la journ\u00e9e lessive. Nos v\u00eatements sont rouges de poussi\u00e8re. Chacun \u00e0 sa bassine et on frotte, on frotte, on frotte. Puis on rince et on met \u00e0 s\u00e9cher au soleil. Ce soir, nous avons rencontr\u00e9 Jacinthe, un \u00e9ducateur Burkinab\u00e9 qui travaille en Suisse. Il est vraiment trop dr\u00f4le. Il rit tout le temps et pour n\u2019importe quoi. Les histoires banales ne le sont plus quand il les raconte.  De retour au centre, deux Burkinab\u00e9s nous attendent sous le pavillon. Ils ont \u00e9tal\u00e9 leur marchandise : pantalons africains, masques, statues, bijoux, sacs, instruments, etc. Le marchandage est difficile mais chacun trouve ce qu\u2019il cherche en fin de compte.<\/p>\n<p><strong>Ve. 27\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>Nos chers voisins de chambre ont fait la fiesta \u00e0 partir de 4h45. On peut dire que nous sommes tous tr\u00e8s repos\u00e9s. Aujourd\u2019hui nous allons visiter un atelier de bronzier et une fabrique de beurre de karit\u00e9.<\/p>\n<p>Le bronzier est vraiment tr\u00e8s dou\u00e9. Il y a des artistes d\u2019Europe qui viennent en stage chez lui. Il nous a montr\u00e9 toutes les \u00e9tapes de fabrication d\u2019une statue, depuis la figurine de cire jusqu\u2019\u00e0 la fonte du bronze et la finition. Apr\u00e8s la visite, nous passons par la boutique. Quand on entre, on a envie de tout acheter. Ses \u0153uvres sont vraiment belles et chacune raconte une histoire. Nous n\u2019avons pas trop marchand\u00e9 parce que son travail prend du temps et est bien fait. Il a fait de tr\u00e8s bonnes affaires.<\/p>\n<p>La fabrique de beurre de karit\u00e9 ne fonctionnait malheureusement pas aujourd\u2019hui mais nous avons vu des noix de karit\u00e9 et suivi quelques explications sur la fabrication du beurre. Nous avons achet\u00e9 des seaux de 2kg en commun parce que c\u2019\u00e9taient les plus petits.<\/p>\n<p>Nouveau temps libre et nouvelle visite du march\u00e9 avant de partir au centre du groupe GEFED. Il y a une biblioth\u00e8que, une salle informatique et des boxes s\u00e9par\u00e9s dans la cour pour que les \u00e9l\u00e8ves qui n\u2019ont pas l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 chez eux puissent venir \u00e9tudier au calme. Il y a m\u00eame des professeurs qui viennent deux fois par semaines pour les aider. Jean-Baptiste T. nous a montr\u00e9 un power point et nous a expliqu\u00e9 les actions de GEFED. Ils alphab\u00e9tisent des femmes, organisent des sessions de formation pour apprendre \u00e0 construire un projet durable, encouragent et accompagnent les projets des petits commer\u00e7ants et bien s\u00fbr, ils accordent des microcr\u00e9dits aux gens qui pr\u00e9sentent un bon projet. Jean-Baptiste a expliqu\u00e9 que tout le monde remboursait les pr\u00eats, mais pas toujours \u00e0 temps. GEFED se projette beaucoup plus dans le temps que la plupart des Burkinab\u00e9s. Ils pensent plus \u00e0 long terme. GEFED a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 parce que ses organisateurs, dont Jean-Baptiste, sont persuad\u00e9s que \u00ab un pays ne peut pas \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9 mais il doit se d\u00e9velopper par lui-m\u00eame \u00bb.<\/p>\n<p>Nouvelle soir\u00e9e avec les correspondants et nouvelle soir\u00e9e danse. Les jeunes Burkinab\u00e9s ont autant de mal que nous pour danser les pas traditionnels. Ils ont quand m\u00eame plus ce genre de rythme dans la peau.<\/p>\n<p><strong>Sa. 28\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>Nous quittons Koudougou pour aller \u00e0 PO aujourd\u2019hui. C\u2019est un peu triste mais le voyage n\u2019est pas fini pour autant. Juste au moment o\u00f9 nous allions embarquer dans les camionnettes, les bagages bien attach\u00e9s sur le toit, des joueurs de foot sont arriv\u00e9s. Ils ont insist\u00e9 pour prendre des photos avec nous. C\u2019\u00e9tait assez \u00e9trange parce que d\u2019habitude, ce sont plut\u00f4t les fans qui font ce genre de demande.<\/p>\n<p>Sur la route vers P\u00f4, on chante, on lit, on dort, on \u00e9coute de la musique. R\u00e9guli\u00e8rement, nous nous faisons arr\u00eater sur le bord de la route pour un contr\u00f4le et un p\u00e9age. D\u00e8s qu\u2019on est \u00e0 l\u2019arr\u00eat, des enfants viennent nous vendre des galettes de s\u00e9sames, des beignets, des bananes, des cacahu\u00e8tes ou m\u00eame des poules vivantes, attach\u00e9es la t\u00eate en bas sur un v\u00e9lo. \u00c0 midi (vers 15h00), nous nous arr\u00eatons \u00e0 \u00ab La d\u00e9tente plus de Kombissiri \u00bb. Il y a m\u00eame une piste de danse au centre de la galerie-resto.<\/p>\n<p>Le trajet devait durer environ trois heures. Nous en avons pris sept. Quand on arrive \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, surprise ! Les chambres qu\u2019on avait r\u00e9serv\u00e9es sont occup\u00e9es. Les uns le prennent \u00e0 la rigolade, les autres pas du tout. L\u2019organisation n\u2019est pas tout \u00e0 fait pareille, ici. Michel s\u2019est d\u00e9carcass\u00e9 pour nous trouver un autre endroit o\u00f9 dormir. C\u2019est beaucoup plus chic qu\u2019\u00e0 Koudougou mais on a trouv\u00e9 des cafards morts dans les chambres. Eh oui ! On ne peut pas tout avoir dans la vie.<\/p>\n<p><strong>di. 29\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>R\u00e9veil au chant du coq\u2026 litt\u00e9ralement. Nous partons de l\u2019h\u00f4tel \u00e0 5h00 pour aller visiter la r\u00e9serve de NASINGA. La camionnette grince tellement qu\u2019on se demande si elle tiendra jusqu\u2019au bout et si on verra des animaux malgr\u00e9 le bruit. L\u2019\u00e9tat de la route est assez mauvais : ils ont conserv\u00e9 un environnement le plus naturel possible. Apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, nous partons dans la brousse. La plupart d\u2019entre nous sommes mont\u00e9s sur le toit de la camionnette. C\u2019est beaucoup moins confortable mais on a plus de chance de voir des animaux. \u00ab C\u2019est l\u2019aventure, les amis, c\u2019est l\u2019aventure \u00bb (Alice\u00b2). Il faut \u00e9viter les branches basses et s\u2019accrocher dans les tournants. Nous avons vu des \u00e9l\u00e9phants, des singes, des oiseaux, des antilopes et m\u00eame, de loin, des phacoch\u00e8res. De retour au resto de la r\u00e9serve, nous admirons depuis l\u2019observatoire une famille d\u2019\u00e9l\u00e9phants qui jouent dans l\u2019eau. Les deux adultes se placent de part et d\u2019autre des jeunes qui s\u2019amusent. C\u2019est si tranquille de les regarder. On n\u2019entend pas un bruit en dehors des \u00e9claboussures.<\/p>\n<p>Pour rentrer \u00e0 P\u00f4, nous empruntons une route diff\u00e9rente qu\u2019\u00e0 l\u2019all\u00e9e. Nous passons par des champs de coton. Il y a r\u00e9guli\u00e8rement des amas de coton sous un arbre, avec parfois quelqu\u2019un couch\u00e9 dedans. On dirait qu\u2019il a neig\u00e9 sous 35\u00b0C. Un petit gar\u00e7on nous a offert une fleur de coton.<\/p>\n<p>Arr\u00eat d\u2019une heure pour visiter le march\u00e9 de P\u00f4. Il est moins \u00e9tendu que celui de Koudougou. Comme nous ne pouvons pas \u00e9changer de francs CFA en Belgique, nous ne marchandons plus beaucoup. Les enfants nous suivent \u00e0 travers tout le march\u00e9.<\/p>\n<p>Comme repas du soir, m\u00e9lange d\u2019Europe et d\u2019Afrique : frites, poulet et bananes aloko ou plantain. C\u2019est la soir\u00e9e des beaux discours et des remerciements.<\/p>\n<p><strong>Lu. 30\/12\/13 et Ma. 31\/12\/13<\/strong><\/p>\n<p>Petit d\u00e9jeuner de roi ce matin : omelettes, crudit\u00e9s, past\u00e8que. C\u2019est notre dernier jour au Burkina Faso, le \u00ab pays des hommes int\u00e8gres \u00bb. Nous embarquons dans nos camionnettes pour retourner \u00e0 OUAGADOUGOU. Sur la route, nous nous faisons de nouveau arr\u00eater r\u00e9guli\u00e8rement. Cette fois,  on a m\u00eame vu des soldats arm\u00e9s de kalachnikovs qui voulaient v\u00e9rifier tous nos bagages pour s\u2019assurer qu\u2019on n\u2019avait pas braconn\u00e9 ou vol\u00e9 les d\u00e9fenses d\u2019un \u00e9l\u00e9phant.<\/p>\n<p>\u00c0 Ouagadougou, nous entrons dans un petit magasin, Karilor, qui vend des produits \u00e0 base de beurre de karit\u00e9. Ce soir, nous allons manger dans un dancing. Il y a des lumi\u00e8res multicolores et un DJ qui ne peut pas s\u2019emp\u00eacher de pr\u00e9ciser toutes les deux minutes qu\u2019il y a des belges dans sa boite. La musique est beaucoup trop forte. Tout le monde se retrouve petit \u00e0 petit dehors, sur la \u00ab terrasse \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019a\u00e9roport, nous faisons nos adieux \u00e0 Michel et Jean-Baptiste. Nous ne sentons pas encore la nostalgie de leur compagnie mais \u00e7a va venir. Nous devons attendre jusqu\u2019\u00e0 00h50 pour embarquer. On sent la fatigue des dix jours pass\u00e9s. Malgr\u00e9 la position inconfortable, nous arrivons \u00e0 somnoler. Entre deux et trois heures du matin, on nous a r\u00e9veill\u00e9s pour un petit d\u00e9jeuner. \u00c0 cette heure-l\u00e0, nous ne l\u2019avons pas vraiment appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 sa juste valeur.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e \u00e0 CASABLANCA \u00e0 5h30. Il fait exactement 2\u00b0C dehors. Et dire que les Burkinab\u00e9s avaient froid quand il faisait 20 ou 25\u00b0C le soir. Nous essayons tous de dormir un peu sur le sol ou les banquettes de l\u2019a\u00e9roport. Nous avons \u00e0 nouveau 5h d\u2019escale. Quand tout le monde commence \u00e0 avoir faim, nous cherchons une caf\u00e9t\u00e9ria. Certains choisissent des cookies ou des brownies mais d\u2019autres pr\u00e9f\u00e8rent un hamburger et des frites.<\/p>\n<p>Enfin, vers 11h00, nous embarquons. Voyage calme. Tout le monde dort \u00e0 moiti\u00e9. L\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Bruxelles est \u00e9trange. On replonge dans un autre univers. Nous avons le rythme et les couleurs de l\u2019Afrique en t\u00eate. Nos familles sont l\u00e0 pour nous accueillir. C\u2019est le moment des adieux. :\u2019(<\/p>\n<p><font color=#F2C735> \u00ab DOONI YA SOUGRI \u00bb (La paix et la vie) <\/font><\/p>\n<p>Sophie Jadin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sa. 21\/12\/13 C\u2019est parti ! L\u2019avion vient de d\u00e9coller. Tout le monde est de bonne humeur. Nos places sont s\u00e9par\u00e9es mais l\u2019ambiance reste enthousiaste. 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